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Une Canado-Israélienne vient de passer neuf mois à combattre le groupe Etat islamique en Syrie et en Irak dans les rangs des peshmergas kurdes, puis avec un groupe de chrétiens assyriens. Rencontre.
Des images sur les réseaux sociaux de femmes et d’enfants violés et torturés par les djihadistes. Voilà ce qui a poussé Gill Rosenberg, 31 ans, à prendre les armes. Casquette en arrière, allure de garçon manqué, elle a quitté Tel Aviv pour Amman, en Jordanie, à la fin de l’été 2014, avant de rejoindre Erbil, capitale de la région autonome kurde en Irak. Interview audio sur le site de RTS.

De retour en Israël neuf mois plus tard, elle raconte à notre correspondante à Tel Aviv son expérience au front. « Je suis entrée en contact avec les Lions de Rojava à travers leur page Facebook. Ce sont des combattants étrangers qui se battent avec les Unités de protection du peuple (YPG), les forces kurdes en Syrie. Ils m’ont tout de suite répondu qu’ils envoyaient quelqu’un me chercher à l’aéroport d’Erbil, au nord de l’Irak.

Une manière « lâche » de se battre

Après un hiver passé avec les peshmergas, Gill Rosenberg a rejoint un groupe de chrétiens assyriens qui se battaient près de Mossoul, en Irak. Il y avait des combats rapprochés, mais selon elle, la majorité des combats se passent à deux kilomètres de distance. « L’EI aime utiliser des roquettes, des mortiers ou des attentats suicide. Ils se battent de manière très lâche. »

En Irak, la combattante était la seule femme sur le front dans la région kurde. « J’étais traitée comme n’importe qui d’autre, avec un grand respect. Ils ont toujours pensé que j’étais entièrement capable de faire la même chose que les autres ».

Les Iraniens, « un danger bien plus important »

Une dynamique changeante sur le terrain de bataille a incité la jeune femme à quitter l’Irak: ce sont les Iraniens qui gagnent du terrain. « L’Etat islamique est une force de guérilla. Ils sont brutaux. Mais les Iraniens sont une force militaire qui appartient à un pays. Et ils posent un danger bien plus important à toute cette région. »

Selon elle, les combattants près de Kirkouk en Irak sont confrontés de plus en plus souvent à des forces chiites, armées par les Iraniens.

Source : RTS, 23/07