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La police pakistanaise a arrêté vendredi un deuxième imam lié au lynchage avorté d’un couple de chrétiens accusé de « blasphème » et sauvé in extremis par les forces de l’ordre des mains de la foule en colère, a annoncé un responsable de la police.

L’incident s’est produit mardi dans le village de Makki, dans la province centrale du Pendjab. Le couple de chrétiens démunis dormait sur une bâche posée à même le sol, mais qui était en fait une vieille bannière sertie de logos d’universités et d’inscriptions arabes prises aussitôt pour un verset du Coran par des habitants.

Un barbier s’est alors approché des deux chrétiens et a poussé de hauts cris, les accusant d’avoir profané le texte saint de l’islam, avant de réunir deux imams et une foule pour les lyncher.
« L’un des imams qui menait la foule demandant l’arrestation du couple et leur mort était en fuite, il a été arrêté (vendredi) et nous sommes à la recherche du barbier qui a déclenché tout cela », a dit à l’AFP le chef de la police locale, Sohail Zaffar Chatta.

Le premier imam avait été arrêté plus tôt dans la semaine.

Cet incident est un rare cas de « blasphème » au dénouement heureux dans un Pakistan en proie à une montée de l’extrémisme religieux.
La loi pakistanaise sur le blasphème, souvent utilisée contre la minorité chrétienne qui représente environ 2% des quelque 200 millions d’habitants de ce pays majoritairement musulman, prévoit la peine capitale pour quiconque est reconnu coupable d’avoir insulté le prophète Mahomet, et la prison à vie pour profanation du Coran.

Dans certains cas, des foules en colère n’attendent pas la décision des tribunaux et lynchent elles-mêmes les personnes soupçonnées de blasphème, comme dans le cas d’un couple de chrétiens du Pendjab battus puis brûlés par des villageois l’an dernier.

Source L’Orient Le Jour (AFP)