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Depuis 1999,  la communauté Serbe orthodoxe du Kosovo subit graves atteintes  : 150 églises et monastères détruits, 250 000 serbes exilés, 1 300 personnes disparues. Dans l’Atlas de l’intolérance publié par le Figaro magazine en 2013-2014, le Kosovo est une zone où les chrétiens ne peuvent pas vivre leur foi. Actuellement, 120 000 Serbes orthodoxes subsistent dans ces enclaves ou plutôt ghettos.

Quel est le traitement réservé à la minorité chrétienne dans cette province autonome de Serbie devenue indépendante par auto-proclamation en 2008 ? Le constat est alarmant.

Dans son rapport sur les groupes minoritaires au Kosovo, Human Rights Watch dénonce le « profond dénuement » et « la discrimination » dont ils sont victimes. Parmi ces groupes minoritaires se distingue la communauté serbe, la plus importante d’entre eux. De confession chrétienne orthodoxe, elle représente aujourd’hui 7% de la population du Kosovo contre 14% avant 1999, la majorité étant quant à elle composé à 90% d’Albanais de confession musulmane.

D’une année à l’autre, le Kosovo s’épure un peu plus. Ils y sont souvent contraints et toujours déchirés d’abandonner leur terre natale et celle de leurs ancêtres.

Pour les Serbes qui ont fait le choix de rester au Kosovo, la vie est un véritable enfer. Parquées dans des enclaves, ces familles vivent dans l’angoisse, traumatisées par les agressions à répétition subies depuis la guerre. La violence qu’elles subissent est multiforme, physique comme matérielle.

Au chevet de cette minorité éreintée, l’Église est régulièrement prise pour cible. L’abbé du monastère de Visoki Dečani, l’archimandrite Sava Janjić, témoigne : « Au cours de ces quinze dernières années, le monastère a été attaqué par quatre fois dont à deux reprises à la grenade. Lors de ces attaques, des inscriptions « UCK » (« Armée « de libération » du Kosovo) ont été taguées partout sur le site religieux. Nous venons de découvrir ces mêmes inscriptions sur les murs ainsi que sur la porte cochère de notre monastère ».

L’état major de la Force de l’Otan au Kosovo (Kfor) a récemment annoncé la fin de sa mission au Kosovo. Bientôt, les soldats chargés de la protection du monastère depuis 1999 se retireront. Qu’adviendra-t-il alors des monastères et de la vie monastique? Si la présence des forces internationales n’a pas empêché les quatre dernières attaques, elle en a cependant fortement limité l’impact en maintenant les assaillants à bonne distance du monastère. Qui les dissuadera désormais de renouveler leurs attaques ? Qui les empêchera d’arriver à leur fin – la destruction du monastère ?

Quinze après la guerre, les drames que la minorité serbe du Kosovo subit ne faiblissent pas.
« Nous, Chrétiens, nous nous sentons vulnérables […] le Kosovo est le seul territoire d’Europe où des sanctuaires, des moines et des pèlerins chrétiens sont encore menacés», écrivait le Père Janjić dans son communiqué du 24 avril 2014.