Share Button

Faisant suite à l’enlèvement et l’exécution, il y a deux mois,  de 28 chrétiens éthiopiens, les djihadistes de Daech ont commis un nouvel enlèvement de 86 chrétiens. L’ONG suédoise Eritrean Initiative on Refugee Rights craint le pire.

Les combattants du pseudo État islamique (EI) poursuivent leur avancée en Libye où, depuis l’été 2014, deux gouvernements rivaux se disputent le contrôle du territoire. Profitant du chaos institutionnel et de l’afflux d’immigrés clandestins prêts à s’embarquer pour l’Italie, les djihadistes cherchent à consolider leurs positions dans le centre du pays et le long des routes côtières du golfe de Syrte, en semant la terreur sur les routes et dans les villages. D’après l’ONG suédoise Eritrean Initiative on Refugee Rights, quelque 86 migrants érythréens chrétiens ont été enlevés à la fin de la semaine dernière alors qu’ils se trouvaient sur la route les conduisant à Tripoli. Parmi eux 12 femmes et enfants.

Les musulmans relâchés, les chrétiens emmenés

Selon des témoignages recueillis par l’ONG auprès de migrants ayant pu échapper aux djihadistes, chrétiens et musulmans ont été séparés pour être soumis à une sorte « d’examen de passage » vérifiant qui était musulman et qui ne l’était pas, rapporte la presse italienne. Ceux qui n’ont pas su répondre aux questions sur le Coran ont été aussitôt emmenés et les autres remis en liberté. Deux mois après l’exécution de 28 chrétiens éthiopiens (voir Aleteia) – une douzaine sur la côte Est et le restant sur la côte Sud de la Libye, le pire est à craindre estime la responsable de l’ONG, Meron Estefanos. Ces martyrs avaient été présentés comme des « ressortissants de la croix » de « l’Église éthiopienne ennemie ». Leur assassinat était survenu deux mois après celui de 21 chrétiens égyptiens, interceptés eux aussi par le groupe islamiste alors qu’ils cherchaient à émigrer (voir Aleteia).

« Nous cherchons actuellement à acquérir plus de détails sur la nouvelle de l’’enlèvement de ces migrants érythréens », a déclaré à l’agence Fides le père Mussie Zerai, président de l’Agence Habeshai pour la Cooopération au développement. « Les rapports entre les trafiquants d’êtres humains et l’État islamique en Libye est difficile à décrire, explique le prêtre. Parfois, il est de complicité, d’autres fois, les djihadistes enlèvent les migrants qui s’en étaient remis aux organisations de trafiquants pour leur soutirer de nouveau de l’argent. » Cet enlèvement, selon lui, pourrait s’inscrire dans le cadre d’un acte de démonstration faisant partie de leur propagande antichrétienne.

D’après la presse libyenne, les fondamentalistes ont pris le contrôle d’Harawa, une petite ville de 2 600 habitants, à environ 70 km à l’est de Syrte. Cette nouvelle conquête garantit à l’IE une continuité territoriale de Syrte à une autre de ses forteresses, Nawfaliyah, 70 km plus loin, et le contrôle de la route conduisant aux principales installations pétrolières de Ras Lanuf.

Source : Aleteia 8/6/15