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Les parents d’un Syrien égorgé sur une vidéo où apparaît Maxime Hauchard portent plainte en France

ll s’agit d’une première dans les annales judiciaires. Les parents d’une victime syrienne se sont constitués partie civile à Paris après la diffusion, en novembre 2014, d’une vidéo de l’égorgement de leur fils mettant notamment en scène Maxime Hauchard, bourreau présumé agissant pour le compte de l’État Islamique.
L’insoutenable séquence de seize minutes, intitulée «N’en déplaise aux mécréants», exhibait la décapitation de l’otage américain Peter Kassig ainsi que celles de dix-huit prisonniers présentés comme des soldats de l’armée syrienne. Parmi les victimes, figurait Ghaisse M., officier de cavalerie en poste à Raqqa, fait prisonnier par l’Armée Syrienne Libre.
Retenu en otage en contrepartie d’une rançon demandée à ses parents d’un montant de 20 millions de livres syriennes, le militaire kidnappé aurait été livré à Front Al Nosra dans la ville de Deir El Zoz avant d’être jeté en pâture à l’État islamique en dépit d’un versement de 2,5 millions de livres syriennes payés par sa famille.

L’intimidation et la terreur

Me Fabrice Delinde, avocat français parti dans la ville de Homs en mars dernier, a retrouvé la trace de Ghassan M. et Faiza S., les parents du militaire assassiné, avant de devenir leur avocat.
Retoquée dans un premier temps, leur constitution de partie civile a été finalement jugée recevable par le chambre de l’instruction du tribunal de grande instance de paris, où une information judiciaire est ouverte depuis le 26 décembre pour «association de malfaiteurs terroristes, en relation à titre principal avec une entreprise collective, ayant pour but de troubler gravement à l’ordre public par l’intimidation et la terreur.»
«Les parents ont reconnu leur fils dans ce film. C’est la première fois qu’une famille syrienne se porte partie civile dans un dossier où se trouve un djihadiste français», observe Me Delinde qui déplore que les «victimes et les proches ne soient jamais entendus dans les procédures terroristes».

Professionnalisation de la propagande djihadiste

Dans un entretien au Figaro, le procureur de la République de Paris François Molins avait révélé que 118 enquêtes liées au terrorisme en Syrie et en Irak sont ouvertes à Paris, dont 68 informations judiciaires et 50 enquêtes préliminaires. Depuis fin 2013, le nombre des dossiers a explosé de 180 %.
La vidéo des égorgements où apparaît Maxime Hauchard a été analysée image par image par un centre de recherche américain spécialisé dans le terrorisme, Trac, et la fondation britannique Quilliam. Leurs conclusions, dévoilées en début de semaine par la chaîne américaine CNN, témoignent du degré de professionnalisation de la propagande djihadiste. Tourner de telles images nécessite, selon le Trac, un budget d’au moins 200.000 dollars, en tenant compte de l’utilisation d’un logiciel particulièrement onéreux de la firme américaine AVID Technology.
Né le 17 mars 1992 dans l’Eure et ayant grandi à Bosc-Roger-en-Roumois, commune de 3 200 âmes à une trentaine de kilomètres au sud de Rouen, Maxime Hauchard, surnommé Abou Abdillah ou Abou Abdallah al-Faransi (le Français), se serait converti à l’islam dès l’âge de 17 ans avant de s’autoradicaliser sur Internet. Le djihadiste aurait, selon son ex-page Facebook, combattu pour la prise de Mossoul et dit vouloir mourir en martyr. Il serait toujours en vie.

Source : Le Figaro