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Financement du terrorisme. L’association Nouveaux Martyrs (nouveaux-martyrs.com) a sollicité l’ensemble des parlementaires après les déclarations de Mme Jana HYBASKOVA, ambassadrice de l’Union Européenne en Irak qui a avancé que le financement de DAECH pourrait s’effectuer grâce à l’achat par les pays européens du pétrole accaparé par l’organisation terroriste.

Afin d’y voir plus clair, le député UMP des Yvelines et président du Parti Chrétien Démocrate (PCD), Jean-Frédéric Poisson a demandé avec cinquante parlementaires l’ouverture d’une enquête parlementaire. Interview.

VA. Vous venez de demander la création d’une commission d’enquête parlementaire sur l’éventuelle participation de la France au financement de l’Etat islamique (EI). Concrètement, que souhaitez-vous savoir ?

Jean-Frédéric Poisson. De tels propos ne peuvent être sans fondement, d’autre part nous savons que la Turquie assume pleinement ses liens commerciaux avec le Kurdistan et sa région. L’organisation terroriste contrôlerait quant à elle onze champs pétroliers dans le nord de l’Irak et dans la province syrienne de Raqqa (ville du centre du pays). Par ailleurs, son expansion territoriale est, malgré les quelques moyens mis en œuvre pour s’y opposer, rapide et efficace. Le faisceau d’indices est réel. Le Parlement doit enquêter pour savoir si la France achète du pétrole à l’Etat islamique ou si elle participe à des échanges commerciaux avec cette organisation terroriste.

VA. Qu’attendez-vous de la démarche que vous initiez ?

Jean-Frédéric Poisson. La France, protectrice des chrétiens d’Orient depuis Saint Louis, pays des droits de l’Homme, ne peut financer de manière indirecte une organisation qui s’attaque frontalement à notre civilisation. C’est pourquoi, je dépose avec cinquante autres parlementaires cette demande de commission d’enquête. Pas une goutte de sang d’un chrétien d’Orient ne doit couler à cause de la France et à cause de son silence complice. Il en va de la responsabilité de notre peuple de demeurer aux côtés des minorités persécutées dans ces endroits du monde. Elu de la nation, je considère que la France doit veiller à demeurer l’adversaire de Daech et non son financeur : diplomatie, subventions par des pays du Golfe, moyens affectés à l’armée, renseignement, transmission de notre identité nationale, tout ceci est lié. La traçabilité de notre pétrole est donc un sujet majeur. Notre pays ne peut participer de près ou de loin, que cela soit de manière directe ou indirecte au financement des ennemis de la France. Enfin, si ce financement est avéré, la France devra en tirer les conséquences sur le plan international. On ne peut financer ceux que l’on combat. Les français sont en droit de connaitre la participation éventuelle de certaines grandes firmes nationales au financement de l’organisation terroriste.

Source : Valeurs Actuelles 29 mai 2015