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Très présentes sur le terrain, les associations françaises veulent s’engager plus profondément pour aider les déplacés chrétiens à retrouver leur autonomie et, pourquoi pas, promouvoir la francophonie.


Une deuxième maison
« Quand je reviens ici, j’ai l’impression d’être dans ma deuxième maison », a lancé l’évêque de Lyon lors de la cérémonie d’inauguration le 28 juin de l’école Saint-Irénée, financée par trois fondations françaises (Mérieux, Raoul Follereau et Saint-Irénée) à Ankawa, la banlieue chrétienne de la capitale du Kurdistan irakien. Comme l’archevêque de Lyon, plusieurs membres de fondations françaises impliquées sur le terrain reviennent régulièrement au Kurdistan irakien et des idées germent au contact de réfugiés revus pour la deuxième ou troisième fois.

Des livres et des professeurs
Ce deuxième voyage en Irak a inspiré au président du directoire de la Fondation Raoul Follereau, Michel Récipon, l’idée de « créer un lien entre les enfants de l’école Saint-Irénée et la France ». Et comment ? En envoyant de jeunes professeurs de français et des livres pour que « les enfants apprennent aussi le français et pas seulement l’américain ». Il le soutient dans son discours à l’inauguration de l’école : la culture française peut être une richesse supplémentaire pour ces enfants déplacés. La Fondation Saint-Irénée, du diocèse de Lyon, prévoit de son côté aussi de mettre en place des cours de français. De fait, la tradition d’apprentissage du français est ancienne. Plusieurs prélats – le patriarche chaldéen Mgr Sako, Mgr Petros Moshe (archevêque syriaque de Mossoul et Qaraqosh), Mgr Youssef Thomas Mirkis (archevêque syriaque de Kirkouk) pour ne citer qu’eux – le parlent parfaitement depuis leur passage au séminaire de Mossoul tenus par des dominicains de la province de France et où il était interdit de parler une autre langue que celle de Molière. Ce lien avec la France, le cardinal Barbarin croit également en son importance.

Un jumelage complet
Le jumelage entre Lyon et Mossoul l’avait déjà amené à exporter en décembre 2014 la fameuse Fête des Lumières lyonnaise à Erbil (Kurdistan irakien), où se trouvent réfugiées les familles chrétiennes de Mossoul. « Je pense que ce jumelage est très complet, il est matériel, financier, humain et aussi spirituel, puisque des familles lyonnaises prient quotidiennement pour les chrétiens d’Irak », soutient le prélat. Étienne Piquet-Gauthier, directeur de la Fondation Saint-Irénée, a prévu également à l’échelle de l’école de faire des jumelages entre les élèves de la nouvelle école d’Ankawa et des classes lyonnaises, qui communiqueraient entre eux via courriel et webcam.

Grâce aux dons, les associations voient plus grand
Avec « une bonne douzaine d’ONG présentes sur place » selon une source diplomatique, la France est très présente sur le terrain. Même si les sommes mobilisées sont loin des 500 millions d’euros donnés par l’Arabie saoudite à l’ONU, la générosité française a été considérable et les associations peuvent en témoigner. Elles ont enregistré des dons records depuis la chute de Mossoul en juin 2014. Comme le relève La Croix, la contribution de la France au budget de l’Aide à l’Église en détresse (AED) est ainsi passée de 22 à 28 millions d’euros, les dons reçus par l’Œuvre d’Orient de 11 à 15 millions ; autre exemple : Fraternité en Irak a levé 20 fois plus d’argent que l’année précédente… Conséquence : les projets gagnent en ampleur.

Un bureau au Kurdistan irakien
La Fondation Raoul Follereau compte ainsi ouvrir un bureau au Kurdistan irakien pour être une association officiellement reconnue sur place, car « la situation va durer », constate Michel Récipon. « Ce qui est indispensable, selon ce dernier, c’est de redonner un cadre aux déplacés, et pour cela de payer des responsables, de remettre les enfants à l’école. » La fondation – qui cofinance entre autres Radio Al Salam et l’immeuble Al Amal situé à 800 m de l’école – espère pouvoir créer des postes de volontariat pour les jeunes désireux d’aider les réfugiés pour une durée de plusieurs mois. Dès le mois de juillet, des logements seront loués pour « faire sortir les jeunes couples des camps », à Ankawa mais aussi à Erbil pour favoriser les conditions d’accès à l’emploi de ceux qui fondent leur foyer.

L’emploi, c’est l’un des axes sur lesquels la Fondation Saint-Irénée souhaite se focaliser. Son directeur évoque la « création d’unités de production de menuiserie ou d’artisanat par exemple, pour donner du travail aux adultes ». Les produits, Étienne Piquet-Gauthier évoque par exemple des chapelets, seraient vendus en France. Le point commun de tous ces projets ? Le désir de recréer le tissu social par le travail et l’éducation.

Source : Aleteia