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secretDaech, en entretenant la guerre dans les territoires riches en pétrole de l’Irak, empêche le pétrole irakien  d’être commercialisé sur les marchés internationaux. Ce qui ralentit la chute des cours à laquelle nous assistons actuellement, et qui pourrait ruiner les USA si elle s’accentuait. Une tribune d’un ancien officier des Services Français, à lire avec précautions.

Quels intérêts DAECH représente-t-il pour les USA ?

DAECH a été créé en bénéficiant des efforts conjoints de l’Arabie saoudite, des Emirats, du Qatar, de la Turquie, des USA et de la CIA (le chef de DAECH aurait été formé par la CIA selon plusieurs sources).

DAECH entretient la guerre dans les territoires riches en pétrole de l’Irak. Ce faisant, il empêche le pétrole irakien d’être commercialisé sur les marchés internationaux. Ce qui ralentit la chute des cours à laquelle nous assistons actuellement, et qui pourrait ruiner les USA si elle s’accentuait.

Or, si l’économie américaine s’effondre, le monde entier connaîtra des guerres civiles et la guerre tout court.

Les actions de DAECH sont donc vitales pour le Etats-Unis.

On objectera à ce raisonnement que DAECH ne contribue nullement à la diminution de la production pétrolière irakienne, puisqu’il commercialise à 12 ou 20$ le pétrole irakien. Mais cet argument ne résiste pas à l’analyse : DAECH, qui n’a de débouché sur aucune mer, est obligé de vendre son pétrole aux trafiquants, soit turcs (vers la Méditerranée), soit irakiens (vers le détroit d’Ormuz). Et ces trafiquants le revendent sur le marché, au cours du jour (aujourd’hui 85$) en empochant la différence.

Autres éléments à l’appui de cette théorie.

DAECH utilise du matériel de guerre dernier cri, de facture américaine, officiellement récupéré sur les éléments de l’armée irakienne qu’il a battue.

Mais l’armée de DAECH a besoin de se réapprovisionner en munitions, rechanges, matériels de toutes sortes, à raison de plusieurs milliers de tonne par jour de combat. Les captures initiales sont incapables de subvenir à ces besoins.

Parallèlement au trafic de pétrole (turc et irakien), il y a donc aussi un trafic d’armement américain qui ne peut être réalisé que par la Turquie et l’Irak (car l’Iran et la Syrie possèdent un armement d’origine russe).

De même ces trafics de pétrole et d’armements se monnayent en dollars. Je ne crois pas un seul instant que les Américains, qui sont capables de connaître le détail des transactions de la BNP avec l’Iran, puissent ignorer les mouvements de fonds qui permettent à DAECH de vendre son pétrole et d’acheter les armements dont il a besoin, car, et c’est cela la clé du problème : DAECH ne vend que le pétrole dont il a besoin pour financer son effort de guerre : il n’inonde donc pas le marché occidental, comme le développement pacifique de l’IRAK ne manquerait pas de faire.

Quelques conséquences diplomatiques :

En la personne de DAECH, les USA combattent (au moins officiellement) leurs alliés d’hier, et se rapprochent de leurs ennemis déclarés : Bachar El Assad et l’Iran.

Il leur faut donner une explication à ce que certains pourraient considérer comme une trahison.
Ce demi tour diplomatique peut naturellement s’expliquer par les erreurs d’appréciation et les insuffisances de la CIA. C’est classique dans ce genre de situation.
Personnellement je n’en crois pas un mot. Je pense que l’appétit américain est sans limite, et que dans leur décision d’exploiter le pétrole de schiste, l’Etat Fédéral n’a pas su freiner l’ardeur des pétroliers. Il s’en suit un dérèglement complet de la politique pétrolière mondiale, qui affecte le Moyen-Orient, mais aussi l’Europe (qui fait l’objet d’une offensive médiatique extraordinaire, anti nucléaire, et anti gaz de schiste) et la Russie. Car cette dernière aussi a intérêt à un prix du pétrole élevé.

Qu’il me soit permis de dire que l’accident qui a coûté la vie à Christophe de Margerie, à l’issue d’une conversation avec les autorité russes, me laisse rêveur.
En effet, qui donc mieux que lui pouvait être informé des aspects dérangeants de la politique des grands producteurs pétroliers ?

Hervé LE BIDEAU 6/11/2014

Officier de renseignement de 1973 à 1981, Hervé Le Rideau a été licencié en 1981 après avoir obligé son service à avertir les États-Unis d’un complot de détournement en vol d’un appareil Black Fire armé de six missiles nucléaires qu’il avait découvert.

Voir aussi (du même auteur) : Le matérialisme sera-t-il éternellement la stratégie réelle des USA ? ; DAESH et le pétrole.

Nous ne cautionnons pas les propos de M. Le BIDEAU (anciennement SDECE), mais néanmoins les estimons assez pertinents pour les présenter à nos lecteurs.