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Frédéric Pichon, spécialiste du Moyen Orient, a donné une conférence à Beyrouth, présentant une analyse géopolitique de la situation des chrétiens d’Orient.

Lors de son intervention, Frédéric Pichon a rappelé l’ancrage culturel et historique des chrétiens dans la région.

Ils étaient nombreux mardi soir à l’hôtel Alexandre, à Achrafieh, ceux qui, à l’initiative de l’association Massihiyyoun maan (Chrétiens ensemble-SOS Chrétiens d’Orient au Liban), ont assisté à la conférence animée par Frédéric Pichon sur le thème « Ce ne sont que des chrétiens ».

Lors de cette présentation d’une heure et demie, sous forme d’une conversation avec son auditoire, l’enseignant chercheur spécialiste du Moyen-Orient a présenté une analyse géopolitique de la situation des chrétiens d’Orient. Dans son intervention, Frédéric Pichon a tenu à rappeler brièvement l’ancrage culturel et historique de ces populations et le lien d’union existant entre les Églises d’Orient et d’Occident : « Les chrétiens d’Orient ne sont pas une excroissance de l’Occident (…), les Églises d’Orient sont les derniers fossiles de l’histoire, la mémoire des chrétiens. »

Outre l’aspect culturel et historique, Frédéric Pichon est revenu brièvement sur la politique étrangère adoptée par la France vis-à-vis des minorités et des chrétiens d’Orient. Il a tenu à souligner le fait que « la France adopte par tradition une position protectrice des chrétiens d’Orient » compte tenu de son histoire, mais qu’il serait « difficile en 2015 de justifier une intervention sur une politique remontant à la deuxième croisade ». Il existe toutefois une certaine « solidarité envers les chrétiens d’Orient » pouvant être perçue comme un élan de « sympathie victimaire de l’Occident ». La préoccupation de l’assemblée semblait toutefois focalisée sur le sort des chrétiens d’Orient eu égard à l’instabilité et à l’insécurité grandissante dans la région.
(Pour mémoire : « La France n’est plus dans une logique de protection des minorités dans le monde arabe »)
À la question de savoir si les chrétiens d’Orient sont voués à disparaître, Frédéric Pichon est resté prudent : « Il y a un risque, une possibilité », « les chrétiens d’Orient sont des victimes collatérales de logiques idéologiques et géopolitiques qui les dépassent ». Poursuivant le cheminement de sa pensée, loin de tirer des conclusions hâtives, le conférencier est toutefois revenu sur l’évolution du sort des chrétiens d’Irak victimes de nombreuses persécutions : « Il y a 15 ans, qui pouvait croire que les 2/3 des chrétiens d’Irak disparaîtraient? (…). Les chrétiens d’Orient savent que leur passage sur la terre est une vallée de larmes. »

Loin de prôner une intervention militaire des États qui, selon lui, pourrait mener à des catastrophes, Frédéric Pichon s’est montré confiant et plein d’espoir envers les acteurs de la société civile pour venir en aide aux populations chrétiennes dans le besoin. À cet égard, le conférencier a tenu à souligner le rôle de l’association SOS Chrétiens d’Orient pour son action sociale et caritative.

« L’association Massihiyyoun maan en bref »
Présidée et fondée en 2014 par Elisa Bureau, l’association Massihiyyoun maan (Chrétiens ensemble) regroupe des étudiants français et libanais, mais aussi des professeurs, des chefs d’entreprise et des membres de professions libérales, au cœur des projets de l’association. Cette antenne de SOS Chrétiens d’Orient, ici au Liban, cherche à mener sur le terrain différents projets sociaux et caritatifs, tels que le financement de la scolarité d’enfants dans le besoin. Ce mois-ci, après une collecte de denrées alimentaires, les volontaires de l’association sont allés offrir ces produits de première nécessité aux populations pauvres de Beyrouth. Cet été, 25 bénévoles rejoignent l’association pour mener à bien des missions à travers le Liban.
Jeune association en devenir, l’association a besoin pour se développer d’une voiture… Un appel à contribution a été lancé.

Source : L’Orient le jour